J’ai lu des fatwas concernant le maintien des liens de parenté (silat ar-rahim), et j’ai appris que les oncles maternels du père font partie des proches qu’il est recommandé de visiter. Je précise que je suis une femme, et il se peut que je n’aie jamais rencontré les oncles maternels de mon père, ni certaines de ses tantes, car ils vivent dans des pays différents.
Mon père communique avec eux de temps à autre par téléphone, mais je ne leur ai jamais parlé de ma vie. De plus, ils sont beaucoup plus âgés que moi, ce qui rendrait la conversation très inhabituelle.
Par ailleurs, je ne sais pas si mon père m’autoriserait à entrer en contact avec eux, car ils sont presque comme des étrangers pour moi, étant donné que je ne les connais pas du tout.
Suis-je tenue, dans ce cas, de maintenir les liens avec eux ? Sachant que, selon l’usage dans notre famille proche, ils ne sont pas considérés comme des proches dont le lien doit nécessairement être entretenu.
Existe-t-il un avis qui me dispense de la difficulté de les contacter ? Ou, au minimum, suffit-il que je demande à mon père de leur transmettre mes salutations ? Car je crains de rompre les liens de parenté.
Informez-nous, qu’Allah vous récompense.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Ce que tu as mentionné est exact : les oncles maternels du père, ses tantes maternelles, ainsi que ses oncles et tantes paternels font partie des proches parents dont le lien doit être maintenu, et dont la rupture est interdite. En effet, le lien de parenté englobe la parenté de sang du côté paternel comme maternel, tels que les oncles et les tantes.
L’usage familial que tu évoques ne modifie pas le jugement religieux quant à l’obligation de maintenir les liens. Toutefois, il peut influencer la manière concrète de les entretenir, en déterminant le niveau habituel de relation. Ainsi, la femme n’est pas tenue de faire ce qui va à l’encontre de sa pudeur, ni ce qui pourrait ouvrir la porte à la tentation ou au soupçon, en particulier en raison de l’éloignement géographique et des usages familiaux.
Le maintien des liens n’implique pas nécessairement une rencontre directe ou des appels réguliers. Son degré minimal consiste à ne pas rompre totalement les relations, et à maintenir le lien selon les moyens disponibles : salutations, prise de nouvelles, aide financière, invocation, que ce soit par visite, téléphone, message ou tout autre moyen. Le maintien du lien varie selon le degré de parenté et les capacités de chacun.
Al-Qâdî ‘Iyâd a dit dans Ikmâl al-Mu‘lim : « Le minimum du maintien des liens est de ne pas rompre les relations, et de maintenir le lien par la parole, ne serait-ce que par le salut. »
Il est également mentionné dans Barîqa Mahmûdiyya d’Al-Khâdimî :
« Sache que rompre les liens de parenté est interdit et constitue un grand péché, tandis que les maintenir est une obligation. Cela signifie ne pas les oublier, mais leur rendre visite, ou leur faire parvenir un présent selon ses capacités, ou leur apporter une aide matérielle ou verbale. Le minimum en est le salut direct ou, en cas d’éloignement, l’envoi de salutations, ou encore un message écrit. Il n’y a pas de fréquence déterminée, mais ce qui compte est l’usage habituel reconnu. »
En conséquence, tu ne commets aucun péché si tu te contentes de transmettre tes salutations par l’intermédiaire de ton père, en lui demandant de les leur faire parvenir de temps à autre, ou à l’occasion d’événements familiaux. S’il t’est permis de leur parler lors des appels de ton père, en sa présence, cela est meilleur. Sinon, le fait de transmettre les salutations, accompagné d’invocations, d’une aide financière ou d’un cadeau, suffit à établir le lien et à te préserver, si Allah le veut, du péché de rupture.
Et Allah sait mieux.
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