Je suis un homme marié depuis un ans. Ma femme et moi travaillons à temps plein dans un pays européen, et ma femme travaille le plus souvent depuis la maison.
Je souhaite clarifier deux points sur lesquels nous nous sommes mis d'accord avant le mariage (sous forme d'engagements verbaux, et non d'un contrat écrit) :
1. L'accord financier : Nous sommes convenus qu'elle contribuerait à nos dépenses en versant la moitié de ce que je verse pour les besoins essentiels (c'est-à -dire une participation à hauteur d'un tiers des dépenses totales), afin d'avoir une liberté financière pour nos loisirs, et nous avons convenu de verser cet argent sur un compte joint.
2. La priorité au foyer : Elle m'a affirmé clairement que « la priorité va au mari et au foyer, et si le travail nuit à l'un d'eux, le foyer passe en premier ». Sur cette base, j'ai été rassurer et j'ai donné mon accord implicite à son travail.
Cependant, après le mariage, elle a totalement enfreint cet accord :
• Sur le plan financier : Elle n'a versé aucun montant sur le compte joint, conserve l'intégralité de son salaire, et je ne lui ai jamais demandé combien elle gagnait. Je prends en charge 100 % des besoins fondamentaux, et j'ai récemment découvert par hasard qu'elle économisait en secret pour s'acheter un bien immobilier personnel. J'ai alors commencé à acheter directement les fournitures de la maison en abondance au lieu de mettre l'argent sur un compte délaissé, mais elle m'a accusé implicitement d'avarice et prétend que je la provoque, bien que je lui demande régulièrement ce dont elle a besoin et que je la conseille d'acheter en quantité suffisante.
• Le préjudice fiscal : Le système ici repose sur le revenu du ménage et accorde des avantages si l'épouse ne travaille pas. Comme elle travaille à temps plein avec un revenu proche du mien, je suis privé d'une réduction équivalente à 15 % de mon salaire (ce qui suffirait à nourrir notre foyer chaque mois). Son travail me prive d'avantages financiers et m'épuise, à tel point que mes économies ne suffisent plus pour acheter un logement familial dans notre pays d'origine.
• La négligence du foyer : Nous vivons dans un appartement de deux pièces, et bien qu'elle travaille à domicile, elle néglige la propreté des lieux qui restent en désordre pendant des semaines. Elle prétexte qu'elle est une « femme active » et qu'elle n'aidait pas chez son père, oubliant sa promesse, alors que je ne lui ai jamais promis de lui fournir une femme de ménage.
En résumé : Elle exige de moi le rôle du « mari traditionnel » qui subvient entièrement aux besoins, tout en jouissant du rôle de la femme financièrement « indépendante », tout en abandonnant ses responsabilités.
Mes questions Ă Votre Éminence : Quel est le statut juridique (houkm) du non-respect de ses promesses verbales (financières et relatives Ă la prioritĂ© du foyer) sur lesquelles j'ai fondĂ© mon consentement implicite Ă son travail ? Ai-je le droit de lui demander une contribution financière tant qu'elle nĂ©glige son foyer et que son travail me prive d'avantages fiscaux ?
Je suis arrivé à un stade d'épuisement psychologique et j'envisage de lui poser un ultimatum : soit elle participe (financièrement ou aux tâches ménagères), soit c'est le divorce (sachant que j'aide à la maison et que je prends en compte son état de santé pendant ses règles). Que dois-je faire ? Et commets-je un péché si je choisis le divorce pour cause d'incompatibilité ?
Qu'Allah vous récompense par le bien.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Si le mari autorise la femme à travailler à condition qu'elle participe aux dépenses du foyer et qu'elle accepte cela, nous ne y voyons aucun inconvénient, et elle est tenue de respecter cette condition tant qu'elle travaille, en vertu de la parole du Prophète (
) :
« Les musulmans sont tenus par leurs conditions, sauf une condition qui rend illicite ce qui est licite ou licite ce qui est illicite. » (Rapporté par les auteurs des Sunan et authentifié par Al-Suyouti).
Il est rapporté dans le Muwatta que Al-Qasim ibn Muhammad ibn Abi Bakr As-Siddiq (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit : « J'ai toujours vu les gens tenir leurs conditions concernant leurs biens et ce qu'ils donnaient. » (Par « les gens », il entend les Compagnons et les grands Successeurs qu'il a côtoyés).
Si ce qui a été mentionné entre vous n'était qu'une simple promesse, le respect de la promesse est recommandé (mustahabb), mais n'est pas obligatoire selon la majorité des juristes (Fouqaha).
Cependant, certains savants ont apporté une nuance en disant : si le bénéficiaire de la promesse s'est engagé dans une démarche qui lui cause un préjudice en cas de rétractation, le respect de la promesse devient alors obligatoire ; sinon, il reste simplement recommandé. C'est la position célèbre de l'école malikite, et c'est l'avis le plus proche de la vérité et le plus conforme aux objectifs de la Législation islamique (Maqasid Al-Sharia) et à ses règles.
En conclusion sur ce point : Il vous est permis de lui réclamer cette contribution si le non-respect de sa promesse vous cause un préjudice avéré. Dans ce cas, nous vous conseillons de consulter l'un des centres Islamiques de votre pays pour examiner la situation, le niveau de préjudice subi et les conséquences qui en découlent.
En effet, la décision de l'Académie Internationale du Fiqh Islamique stipule :
« La promesse émanant unilatéralement de l'une des parties lie religieusement celui qui la fait, sauf en cas d'excuse valable. Elle devient contraignante sur le plan juridique si elle est suspendue à une condition et que le bénéficiaire a engagé des frais ou subi des charges en raison de cette promesse. L'effet de cette obligation se traduit alors soit par l'exécution de la promesse, soit par la compensation du dommage réellement subi du fait du non-respect non justifié de la promesse. »
Concernant le divorce, nous vous conseillons de ne pas recourir au divorce, à moins que son intérêt ne l'emporte clairement, car ses conséquences sont généralement lourdes. C'est pourquoi certains savants considèrent que la règle de base concernant le divorce est l'interdiction.
Enfin, nous vous recommandons vivement d'entretenir entre vous des relations convenables et que chacun s'acquitte de ses devoirs envers l'autre.
Et Allah sait mieux.
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