Une personne souffre de troubles neurologiques, et le fait de parler lui cause parfois de la douleur. Commet-elle un péché si elle évoque Allah avec sa langue dans cet état, dans la mesure où cela serait considéré comme le fait de se nuire à soi-même ? Et est-il suffisant qu'elle demande pardon par le cœur lorsqu'elle commet un péché, si l'évocation par la langue lui est douloureuse ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous demandons à Allah de lui accorder la guérison et la santé. Si cette personne éprouve une réelle souffrance à prononcer la demande de pardon, il lui suffit alors de demander pardon par le cœur, sans l'usage de la langue. Nous espérons qu'elle ne sera pas privée de la récompense de l'évocation par la langue en cas d'incapacité ou de pénibilité à parler, car Allah le Très-Haut a dit : « Craignez Allah, donc, autant que vous pouvez » Coran 64/16).
De plus, le Prophète (
) a dit : « Quand je vous ordonne une chose, accomplissez-en ce que vous pouvez. » Rapporté par Al-Boukhari et Muslim.
Il est mentionné dans Majmû` al-Fatâwâ :
« En matière d'évocation (Al-Dhikr), les gens se répartissent en quatre catégories :
1. L'évocation par le cœur et la langue à la fois : c'est celle qui est formellement ordonnée.
2. L'évocation par le cœur uniquement : si elle est due à une incapacité de la langue, elle est excellente ; mais si la personne en est capable, elle constitue alors un abandon du choix le plus vertueux.
3. L'évocation par la langue uniquement : c'est le fait d'avoir la langue encore humide par l'évocation d'Allah, et Allah le Très-Haut dit : "Je suis avec Mon serviteur tant qu'il M'évoque et que ses lèvres remuent pour Moi."
4. L'absence des deux : c'est la condition des perdants. » Fin de citation.
Toutefois, si cette personne est capable de supporter la douleur, il est préférable et plus accompli pour elle de veiller à conjuguer la demande de pardon par le cœur et par la langue. Nous espérons qu'elle obtiendra ainsi la récompense de l'effort personnel (Al-Mujâhadah) et de la patience, car la rétribution grandit à la mesure de la peine (Al-Naṣab), comme l'a souligné Al-Zarkashî dans Al-Manthûr :
« Plus l'action est abondante et pénible, plus elle est vertueuse par rapport à celle qui ne l'est pas. » Fin de citation.
Ceci est corroboré par la parole du Prophète (
) adressée à `Aïcha : « Ta récompense est à la mesure de ta peine. » Rapporté par Muslim.
L'imam Al-Nawawî a écrit dans son commentaire de ce hadith :
« Ceci démontre explicitement que la rétribution et le mérite dans l'adoration augmentent avec l'intensité de la peine et de la dépense... » Fin de citation.
L'imam Al-`Aynî a également précisé :
« Son sens est que la récompense et le mérite dans l'adoration s'accroissent en fonction de la peine endurée et de la dépense engagée. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.
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