Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
La réponse à votre question peut être résumée comme suit :
Premièrement : Il n’est pas permis de priver un héritier de sa part légale en se fondant sur la loi civile. La législation divine prime sur toutes les lois, et lorsque celles-ci contredisent la Loi d’Allah, elles doivent être écartées au profit de la Charia.
Deuxièmement : Lorsque le défunt laisse derrière lui son épouse, sa fille, ses deux parents ainsi que ses frères et sœurs, seuls les parents, l’épouse et la fille héritent. Les frères et sœurs ne disposent d’aucun droit dans cette succession. L’épouse reçoit un huitième de l’héritage, le père un sixième, la mère un sixième, et la fille la moitié. Le reliquat, après distribution de ces parts, revient au père en qualité d’héritier agnatique (par ta‘sîb).
Troisièmement : Tous les biens laissés par le défunt, que ce soit en France ou dans son pays d’origine, doivent être répartis entre les héritiers selon les règles précédemment mentionnées.
Quatrièmement : Il faut corriger les injustices qui se sont produites entre les héritiers, qu’il s’agisse de l’injustice provenant de l’épouse, qui a empêché les parents du défunt d’obtenir leur droit dans l’appartement, ou de celle provenant des parents, qui ont empêché l’épouse et sa fille d’obtenir leur droit dans l’héritage situé dans l’autre pays.
Chacun doit craindre Allah et s’en tenir à Ses limites. La longue durée d’une injustice ne fait tomber le droit de personne : les droits ne s’annulent pas par prescription. De plus, si l'un des héritiers décède avant d’avoir reçu sa part légale, celle-ci ne s’éteint pas, mais passe à ses propres héritiers.
Cinquièmement : Les litiges doivent être réglés devant les tribunaux islamiques, ou devant les instances qui en tiennent lieu, car ce sont eux qui disposent de la compétence nécessaire pour écouter les parties, apprécier la réalité des prétentions et des preuves, puis rendre un jugement conforme à ces éléments.
Sixièmement : En principe, le recours à la compensation (muqâssah) n’est pas interdit. Cependant, un héritier ne peut y procéder de manière unilatérale, en évaluant lui-même le préjudice et en déduisant ce qu’il considère être son droit, sans l’accord préalable des autres héritiers concernés. La compensation doit nécessairement être effectuée par l’intermédiaire d’un tribunal islamique, lorsqu’il existe, ou par une personne compétente parmi les oulémas, comme cela a été précisé précédemment.
Et Allah sait mieux.