Conditions de validité de la disposition des biens dont la Zakat est due avant son acquittement

15-1-2026 | IslamWeb

Question:

Est-il vrai qu'il est permis de disposer (achat ou vente) d'un bien dont la Zakat n'a pas encore été prélevée, à condition qu'il reste un montant équivalent à la Zakat due ? Cela concerne-t-il l'ensemble du patrimoine ? Par exemple : si j'ai de l'argent sur un compte bancaire dont je n'ai pas encore sorti la Zakat et que j'achète quelque chose avec, laissant un solde inférieur au montant de la Zakat théorique, mais que je possède sur un autre compte bancaire de quoi couvrir la Zakat des deux comptes : mon achat est-il valide ? Et quel est le statut de l'utilisation de ce que j'ai acheté avant d'en connaître la licéité ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Les oulémas ont divergé sur la nature de l'obligation de la Zakat : est-elle liée à la substance même du bien ('Ayn al-Mal) ou à la responsabilité financière de la personne (Al-Dhimma) ?


Selon l'avis liant la Zakat à la substance du bien : Il est permis de disposer du bien dont la Zakat est due avant son acquittement, à condition qu'il reste une valeur équivalente à la Zakat obligatoire. Cela inclut tous les types de biens, car les savants ne font pas de distinction dans cette question. 
Al-Shams Al-Ramli précise dans Al-Nihaya que si la Zakat est liée au bien lui-même, c'est comme une forme d'association (copropriété) sur une part proportionnelle. Cependant, le propriétaire peut désigner la part due à partir de ce bien ou d'un autre (ou sa valeur), car la Zakat est fondée sur la facilité. Les ayants droit ne deviennent pas copropriétaires des gains générés après l'obligation.


Selon l'avis liant la Zakat à la responsabilité financière (la dette de la personne) : Une partie des oulémas considère que la Zakat est une dette dont l'individu est redevable personnellement et non le bien lui-même. Dans ce cas, toute transaction (vente, don, etc.) sur le patrimoine est valide, bien que la personne commette un péché en retardant le prélèvement de la Zakat. 
Ibn Qudama mentionne dans Al-Mughni que la disposition du capital (Nisab) est autorisée. Il argumente que le Prophète () a autorisé la vente de fruits dès qu'ils commencent à mûrir, bien que la Zakat y soit déjà virtuellement due. Cela prouve que le droit des pauvres n'empêche pas la validité de la vente, car le propriétaire peut s'acquitter de son obligation par d'autres moyens.


L'achat ou la vente effectués par la personne qui pose la question sont valides, même selon l'avis liant la Zakat au bien lui-même, tant qu'elle possède par ailleurs d'autres fonds permettant de couvrir le montant total de la Zakat due.


Il convient de rappeler qu'il est interdit de retarder l'acquittement de la Zakat au-delà de son échéance sans excuse légale (voir Fatwa 395956 ).


Et Allah sait mieux.
 

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