Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous demandons tout d’abord à Allah Très-Haut d’accorder la fermeté à votre père et de le récompenser pour les épreuves et les souffrances qu’il a endurées.
Ce qui ressort de votre question est que votre père rompait probablement le jeûne du Ramadan dans l’une des deux situations suivantes :
Première situation :
Il jeûnait, mais était contraint de rompre son jeûne durant la journée du Ramadan (par exemple en étant nourri contre son gré). Dans ce cas, son jeûne demeure valable, selon de nombreux savants, à condition qu’il ne consomme pas volontairement de chose annulant le jeûne après la disparition de la contrainte. Il lui est permis de suivre cet avis et, par conséquent, il n’est pas tenu de rattraper ces jours.
Voir les détails dans la fatwa n° 137584 .
Deuxième situation :
Il abandonnait le jeûne parce qu’il en était incapable, en raison d’une faim ou d’une soif extrême, ou par crainte des gardiens de prison par exemple. Dans ce cas, il doit rattraper les jours manqués, car il est assimilé au malade.
L’imam Yahya ibn Sharaf al-Nawawi a dit dans Al-Majmû‘ :
« Nos compagnons ainsi que d’autres savants ont dit : celui qui est dominé par la faim ou la soif au point de craindre la mort doit rompre son jeûne, même s’il est sain et résident, conformément à la parole d’Allah :
“Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Certes Allah est Miséricordieux envers vous.”
Et à Sa parole :
“Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction.”
Il devra ensuite rattraper ce jour, à l’instar du malade. » Fin de citation.
Et Ibn Qudama a dit dans Al-Kâfî :
« Une personne saine qui craint pour elle-même en raison d’une soif ou d’une faim intense, ou d’une situation semblable, a le droit de rompre le jeûne et devra ensuite le rattraper, car elle craint pour sa propre personne, à l’image du malade. » Fin de citation.
Cependant, le père mentionné devait avoir l’intention de jeûner dès la nuit précédente. S’il pouvait ensuite compléter son jeûne, tant mieux ; et s’il était contraint de rompre le jeûne, alors il n’a pas à rattraper selon certains savants, comme cela a été mentionné plus haut. En revanche, si le jeûne lui causait une difficulté insupportable et qu’il rompait le jeûne pour cette raison, il devait alors rattraper les jours manqués. Ainsi, celui qui est capable de commencer le jeûne au moment de son entrée doit formuler l’intention durant la nuit.
L’imam Yahya ibn Sharaf al-Nawawi a dit dans Al-Majmû‘ :
« Si une personne est fiévreuse au moment où débute le jeûne, elle peut ne pas formuler l’intention. Sinon, elle doit avoir l’intention durant la nuit ; puis, si la maladie revient et qu’elle a besoin de rompre le jeûne, elle le rompt. » Fin de citation.
Il est également mentionné dans la Hâshiya de Qalyûbî :
« Il en est de même pour le moissonneur, le maçon ou le gardien, même bénévole : il doit formuler l’intention durant la nuit, puis, si une difficulté survient, il peut rompre le jeûne. » Fin de citation.
Et Allah sait mieux.