Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Nous conseillons à votre époux de contacter directement un savant ('Alim) ou de se rendre dans un centre islamique. Toutefois, voici ce que nous pouvons mentionner à toutes fins utiles :
Si l'époux divorce de sa femme durant une période de pureté (Tuhr) au cours de laquelle il a eu un rapport intime avec elle, il s'agit alors d'un divorce innové (Talaq Bid'i), ce qui est interdit. Les oulémas ont divergé quant à sa validité effective : la majorité d'entre eux considèrent qu'il est effectif et qu'il est comptabilisé, tandis qu'Ibn Taymiyya et d'autres estiment qu'il ne prend pas effet. L'avis que nous privilégions est qu'il est effectif.
Lorsqu'un époux divorce de sa femme en prononçant trois fois le divorce en une seule formule, ou lors d'une même session, ou encore au cours de plusieurs sessions sans qu'une reprise de la vie conjugale n'ait eu lieu entre-temps, la majorité des juristes considèrent que le divorce est triplement effectif (définitif). La seule exception est s'il a répété la formule dans le but unique d'insister ou de confirmer (l'acte initial), auquel cas un seul divorce est comptabilisé. Ibn Taymiyya a, pour sa part, soutenu qu'un seul divorce prend effet dans ce cas. C'est toutefois l'avis de la majorité que nous appliquons dans nos fatwas.
Selon l'avis stipulant qu'un seul divorce a pris effet, l'époux conserve le droit de reprendre sa femme, à condition que ce divorce n'ait pas été précédé de deux autres divorces. Il peut la reprendre sans qu'un nouveau contrat de mariage ne soit nécessaire tant que la femme est encore dans sa période de viduité ('Idda). Une fois la période de viduité expirée, un nouveau contrat de mariage devient obligatoire.
Selon l'avis stipulant que le triple divorce a pris effet, la femme devient interdite à son époux. Il ne lui est plus permis de la reprendre, sauf après qu'elle se soit mariée avec un autre homme par un mariage d'inclination réelle (et non un mariage blanc ou de convenance), et que ce dernier se soit ensuite séparé d'elle (par divorce ou décès).
Nous attirons votre attention sur l'importance de faire preuve de clémence et de sagesse, et de veiller à résoudre les différends conjugaux avec retenue en recourant à d'autres moyens légitimes que le divorce, comme le fait de solliciter l'arbitrage de personnes sages issues de vos familles respectives.
Et Allah sait mieux.