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Le principe de base est l'absence de responsabilité (Présomption d'innocence) concernant les droits publics et privés.

Question

Quand j'avais dix ans, je jouais avec un ami de mon âge. Je l'ai frappé au ventre involontairement ; il a eu mal et s'est mis à pleurer. Je lui ai demandé : "Est-ce que je t'ai fait mal ?", il m'a répondu : "Ce n'est rien", puis il est rentré chez lui. Sa mère s'est ensuite emportée, affirmant que j'avais tenté de le tuer et que je l'avais roué de coups. Une semaine plus tard, ils ont décidé de l'emmener chez le médecin. Ce dernier a déclaré qu'une opération était nécessaire mais qu'il n'en garantissait pas le succès. Il les a obligés à signer une décharge de responsabilité pour les risques liés à l'intervention chirurgicale. L'opération a effectivement échoué et l'enfant est décédé.
Par la suite, on m'a tenu pour responsable. Ils ont dit que je l'avais tué injustement et par agression, et ils ont même réclamé mon exécution ! Trois mois après le décès, il s'est avéré que le médecin ayant pratiqué l'opération avait été arrêté car il appartenait à un gang de trafic d'organes humains.
Suis-je coupable d'homicide involontaire ? Dois-je payer le prix du sang (Diyah), sachant que nous l'avons déjà payé ? Dois-je jeûner deux mois consécutifs ? Et comment dois-je me comporter avec sa famille ? Éclairez-moi, qu'Allah vous bénisse.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Déterminer si vous êtes ou non la cause de la mort de l'enfant est une question médicale et judiciaire qui relève des autorités compétentes ; il ne nous appartient pas de trancher sur ce point. Ce que nous pouvons dire ici, c'est que le principe de base est votre non-responsabilité (Bara'at ad-Dhimmah).


Aucune expiation (Kaffarah) ni prix du sang (Diyah) ne vous incombent, à moins qu'il ne soit formellement prouvé que l'enfant est mort à cause de votre coup. Quant au doute, il ne vous impose aucune obligation.


Ibn Hazm a dit dans Al-Muhalla : « Si l'on doute : est-il mort de son acte ou de celui d'un autre ? Alors il n'y a ni Diyah ni expiation, car nous avons la certitude de l'innocence de la personne, et nous ne sommes que dans le doute quant à savoir si la mort provient de son acte ou non. Or, les biens sont protégés [ne peuvent être prélevés] sauf par une certitude. »


Al-Juwayni a affirmé dans Ghiyath al-Umam : « Pour tout ce dont l'obligation est incertaine, le principe de base est l'absence de responsabilité. »


Al-Izz ibn Abd al-Salam a écrit dans Qawa'id al-Ahkam : « Allah a créé tous Ses serviteurs libres de toute obligation et de toute atteinte physique, que ce soit envers Ses droits ou les droits d'autrui, jusqu'à ce que les causes de ces obligations soient confirmées. »


Al-Alawi a précisé dans Al-Nawazil : « Quiconque se charge d'émettre des fatwas doit s'abstenir d'imposer une compensation financière sans une preuve explicite ou évidente ; sinon, il doit s'en tenir au principe originel qui est l'absence de responsabilité. »


Et Allah sait mieux.

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