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L'obligation d'élever les enfants dans la droiture religieuse et l'intérêt porté aux affaires mondaines

Question

Ma mère peut aller jusqu'à frapper mon frère (un jeune homme de 23 ans), utilise tous les moyens pour le réveiller et le punit en lui confisquant son téléphone, tout cela pour qu'il soit assidu à ses cours à la faculté (affaires mondaines). En revanche, concernant sa prière, elle se contente de temps à autre de lui donner un simple conseil. Est-ce un acte interdit ? En d'autres termes, est-il correct de sa part d'accorder plus d'importance à la vie mondaine (Dunya) de son fils qu'à son au-delà (Akhira) ? Elle prétend que la religion lui ordonne de conseiller pour ce qui est du culte sans contrainte, mais qu'elle doit obliger son fils pour les questions mondaines. Ses propos sont-ils corrects ?

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :


Sur le principe, il n'y a aucun grief à ce qu'une mère soit soucieuse des études de son fils. Elle a incontestablement le droit de le diriger et de l'inciter à ce qui sert son intérêt temporel et futur, surtout si son manque d'assiduité compromet sa scolarité. Cependant, cet encouragement et cette éducation doivent rester dans les limites de la bienséance, sans causer de tort, d'humiliation ou de violence physique.
Toutefois, l'erreur et le danger réel résident dans le fait de se focaliser sur cet aspect mondain tout en négligeant le salut du fils dans l'au-delà et sa préservation du feu de l'Enfer. Il incombe à la mère de conseiller tous ses enfants, petits et grands, de les exhorter aux actes d'obéissance et de s'efforcer de les éduquer vers la guidance et la droiture. Allah le Très-Haut nous a enjoint de veiller sur nos enfants en disant :
« Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d'un Feu dont le combustible sera les hommes et les pierres... » (Coran 66/6).
Allah a également insisté sur l'importance de la prière, comme en témoignent les paroles du sage Luqmān à son fils : « Ô mon fils, accomplis la prière... » (Coran 31/17), ou ce qu'Il a dit au sujet d'Ismâ‘îl (paix sur lui) : « Et il commandait à sa famille la prière et la Zakat... » (Coran 19/55).
Le Prophète () a dit dans un hadith faisant l'unanimité :
« Chacun d'entre vous est un berger et chacun est responsable de son troupeau... l'homme est un berger pour sa famille et en est responsable, et la femme est une bergère dans la demeure de son époux et pour ses enfants, et elle en est responsable. »
Il () a également dit : « Ordonnez à vos enfants la prière dès l'âge de sept ans, et frappez-les pour elle à dix ans... » [Rapporté par Abû Dâwûd].
Al-Jassâs mentionne dans Ahkâm al-Qur'ân que l'obligation de protéger sa famille du Feu implique de leur enseigner la religion, le bien et les convenances indispensables (al-âdâb). Le rôle du « berger » mentionné dans le hadith ne se limite pas à la protection physique, mais englobe l'éducation et l'enseignement.
Il n'est donc pas correct que la mère se contente d'un simple conseil pour la prière. Elle doit faire preuve de fermeté tout en l'encourageant à dormir tôt pour faciliter l'accomplissement de la prière en son temps. Un groupe de savants considère d'ailleurs qu'il est obligatoire de réveiller celui qui dort pour la prière si l'on craint que le temps prescrit ne s'écoule.
Al-Mardâwî mentionne dans Tashîh al-Furû‘ : « Si l'heure d'une prière entre alors qu'une personne dort, est-il obligatoire de l'en informer ? [...] La réponse correcte est que cela est obligatoire si le temps imparti devient court. »
De même, dans le commentaire de Mukhtasar Khalîl par Al-Zarqānī, il est précisé qu'il est recommandé de réveiller le dormeur pour la prière, qu'elle soit obligatoire ou même facultative (comme le Witr), afin d'obtenir la récompense. Al-Hattâb ajoute dans Mawâhib al-Jalîl qu'il est légitime de dire : « Réveiller est obligatoire pour un acte obligatoire, et recommandé pour un acte recommandé. »
En conclusion, la distinction que fait la mère entre l'obligation pour les études et le simple conseil pour la religion est une inversion des priorités. Si elle use de fermeté pour l'avenir mondain de son fils, elle devrait, à plus forte raison, en faire preuve pour son avenir éternel, tout en restant dans le cadre d'une éducation bienveillante et adaptée à son âge.


Et Allah sait mieux.

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