Quel est le statut juridique d'un fils qui traverse une année scolaire cruciale (comme le baccalauréat), vivant seul avec son père presque aveugle et malade ? Le fils a un frère qui est relativement disponible mais qui ne réside pas avec eux. Le père demande au fils de l'accompagner à la mosquée ou au travail, mais le fils refuse en disant : « Je suis occupé par mes révisions, demande à mon frère ».
Le fils s'appuie sur le principe selon lequel l'obéissance aux parents n'est pas obligatoire si elle porte préjudice à l'enfant. Sa compréhension de cette règle est-elle correcte ? Ce comportement est-il considéré comme de l'ingratitude filiale (Uquq), sachant que si le père sort seul, il risque de se blesser ou d'être renversé par une voiture ? Quel est le jugement si le frère n'est pas disponible ? Enfin, quel est le statut du refus de nettoyer la maison sous prétexte de révisions, alors que cela contrarie le père ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Le droit du père est immense. L'honorer et lui obéir dans le bien est l'une des obligations les plus impératives. Allah a enjoint la bienfaisance envers les parents, particulièrement en période de faiblesse et de vieillesse : « ... et si l'un d'eux ou tous deux atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas : "Fi !" ne les rudoie pas, mais adresse-leur des paroles généreuses. » (Coran 17/23).
Al-Qurtubi a précisé que selon ce verset, l'homme doit se comporter avec ses parents avec une humilité totale dans ses paroles, ses gestes et son regard.
Le fils doit obéir à son père s'il lui demande de l'accompagner à la mosquée ou au travail. Il doit également nettoyer la maison si son père en souffre.
Al-Haytami définit la désobéissance majeure comme tout acte causant aux parents un préjudice non négligeable selon la coutume. Le fait de laisser un père aveugle s'exposer au danger en sortant seul est une forme d'ingratitude caractérisée. L'argument du fils prétendant que l'obéissance lui porte préjudice est invalide. Quel préjudice y a-t-il à nettoyer une maison ou à accompagner son père ? Le temps court consacré à ces tâches ne nuit pas aux études.
Le fils doit organiser son temps. La prière à la mosquée est d'ailleurs une recommandation prophétique et une source de réussite, même sans l'ordre du père ; qu'en est-il alors si le père l'exige ?
Dans de telles situations, le fils se doit de s'en remettre aux gens de science (Ahl al-'Ilm). Il ne doit pas s'auditionner à s'opposer à son père sans s'être assuré, au préalable, de la légitimité religieuse de son acte.
Conclusion : La désobéissance au père est une affaire grave. Al-Haytami souligne que l'étudiant ne doit pas s'opposer à son père en se basant sur des interprétations superficielles des textes, mais doit consulter des gens de science et de raison.
Sachez que servir son père et chercher sa satisfaction figurent parmi les œuvres les plus aimées d'Allah. C'est une cause de bénédiction dans la subsistance (Rizq) et la longévité, ainsi que l'un des chemins les plus courts vers le Paradis. Le Prophète (Salla Alaihi wa Sallam) a dit : « La satisfaction du Seigneur réside dans la satisfaction du père. » [Al-Tirmidhi].
Et Allah sait mieux.
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