Je dois m’acquitter de plusieurs expiations de serment (kaffârat al-yamîn). Or, je n’ai pas trouvé de personnes démunies, et je ne dispose de personne à qui confier cette mission en mon nom. M’est-il permis de mandater le fonds de la zakat relevant du ministère des Affaires religieuses ? Ma responsabilité religieuse est-elle alors dégagée, sachant que je ne sais pas à qui ils confieront cette distribution, ni si ces personnes sont dignes de confiance ou non ?
Par ailleurs, est-il valable de s’en acquitter en donnant du blé ? Il me semble que, de nos jours, le blé n’est pas réellement utile aux nécessiteux, car la majorité de notre alimentation ne repose pas sur les grains de blé. Cela signifie-t-il que cela n’est pas permis ? Quelles sont les alternatives possibles ? Je souhaiterais connaître plusieurs autres denrées.
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
La réponse à votre question se résume comme suit :
Premièrement :
Il n’y a aucun mal à mandater le fonds de la zakat pour s’acquitter de l’expiation du serment, en leur remettant une somme d’argent afin qu’ils se chargent d’acheter la nourriture et de nourrir les nécessiteux. Il n’est pas obligatoire que la personne concernée accomplisse elle-même l’expiation ; il lui est permis d’en charger un tiers.
Deuxièmement :
Il convient d’informer clairement les responsables du fonds de la zakat qu’il s’agit d’une expiation de serment, afin qu’elle soit affectée à l’alimentation de dix nécessiteux, selon la quantité exigée par la loi religieuse, et qu’elle ne soit pas distribuée à d’autres catégories bénéficiaires de la zakat, comme les personnes lourdement endettées.
Troisièmement :
Le principe concernant le fonds de la zakat relevant de l’État est qu’il repose sur la confiance, et non sur la suspicion. Les juristes ont explicitement affirmé que la responsabilité religieuse est levée par le versement de la zakat à l’autorité, même si celle-ci ne la répartit pas équitablement.
Ibn Qudâma a dit dans Al-Mughnî :
« Si des dissidents ou des rebelles prélèvent la zakat, cela suffit pour dégager la responsabilité de celui qui la verse. »
Ibn al-Mundhir a rapporté d’Ahmad, d’al-Shâfiʿî et d’Abû Thawr, au sujet des dissidents, que cela est valable. Il en est de même pour quiconque la perçoit parmi les autorités : elle est valable pour celui qui la verse, que l’autorité soit juste ou injuste, qu’elle l’ait prise par contrainte ou qu’elle lui ait été remise volontairement.
Abû Sâlih a dit :
« J’ai interrogé Saʿd ibn Abî Waqqâs, Ibn ʿUmar, Jâbir, Abû Saʿîd al-Khudrî et Abû Hurayra en leur disant : “Cette autorité agit comme vous le constatez ; dois-je leur remettre ma zakat ?” Ils répondirent tous : “Oui.” » Fin de citation.
Quatrièmement :
Il n’y a aucun mal à s’acquitter de l’expiation du serment en donnant du blé, ou toute autre denrée qui constitue l’alimentation de base la plus répandue dans votre pays, comme le riz ou le maïs, par exemple.
Nous avons déjà exposé la manière de s’acquitter de l’expiation du serment ainsi que sa quantité dans la fatwa n° 500986 .
Et Allah sait mieux.
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