Concernant la fidya du jeûne dans la parole d’Allah :
« fidyatun ta‘âmu miskîn » (une compensation consistant à nourrir un pauvre),
doit-on lire « ta‘âmu miskîn » comme dans la lecture de Hafs, ou « ta‘âmu masâkîn » comme dans la lecture de Warsh ?
La différence entre ces deux lectures se limite-t-elle à la forme du mot sans différence de sens ? Et laquelle des deux lectures devons-nous adopter ?
Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :
Il n’y a aucune contradiction ni opposition entre les deux lectures.
Dans la lecture au singulier : miskîn (pauvre), le sens est qu’il faut nourrir un pauvre pour chaque jour durant lequel le jeûneur n’a pas jeûné.
Dans la lecture au pluriel : masâkîn (pauvres), le sens est que celui qui ne jeûne tout le mois ou plusieurs jours doit nourrir un nombre de pauvres équivalant au nombre de jours non jeûnés.
An-Nasafî a dit dans At-Taysîr fî at-Tafsîr :
« Le singulier “pauvre” correspond à chaque jour, tandis que le pluriel “pauvres” correspond à l’ensemble des jours. »
Abû Hayyân a également dit dans Al-Bahr al-Muhît fî at-Tafsîr :
« Celui qui lit masâkîn met le pluriel en face du pluriel ; quant à celui qui lit au singulier, cela correspond à la prise en compte du singulier à portée générale, c’est-à-dire : chaque personne qui est capable de jeûner mais ne jeûne pas doit nourrir un pauvre pour chaque jour.
Un exemple similaire est la parole d’Allah :
“Et ceux qui accusent les femmes chastes sans produire quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups.”
C’est-à-dire : fouettez chacun d’eux de quatre-vingts coups.
L’usage du singulier “pauvre” indique donc que la règle concerne un pauvre pour chaque jour non jeûné, ce que l’on ne déduit pas explicitement de la forme plurielle. »
Et Allah sait mieux.
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